École-Valentin, le 25 août 2026
Une sécheresse historique qui exige des mesures urgentes
Le Conseil de l’Agriculture Bourgogne Franche-Comté s’est réuni le 25 août, en présence de Monsieur, Jérôme Durain, président de la Région et Monsieur Björn Deslet, Directeur de la DRAAF. Cette rencontre avait pour objectif de dresser un premier bilan de la sécheresse 2026 et de faire remonter les demandes prioritaires de Bourgogne Franche-Comté, auprès de Madame Annie Genevard, ministre de l’Agriculture qui doit annoncer, dans les prochains jours, des mesures pour le secteur agricole.
Evaluer précisément les pertes
La sécheresse de 2026 est historique de par sa durée et son ampleur ont insisté Stéphane Sauce, président de la FRSEA, Thomas Lemée, président des JA et Vincent Lavier, président de la Chambre régionale d’agriculture. Si les données statistiques disponibles ne peuvent pas encore traduire l’ensemble des pertes et des conséquences qui vont impacter la plupart des productions agricoles sur plusieurs mois. C’est la durée cumulée du stress climatique qui va peser fortement sur les résultats économiques des exploitations.
Les premiers impacts de cette sécheresse sont humains
Avec une hétérogénéité des situations, il ne faut pas sous-estimer les stress liés au manque d’eau, au manque de fourrage pour l’hiver, aux incertitudes financières, au surcoût de travail qui peut conduire à augmenter les fragilités des exploitations. Nous demandons, à toutes les structures agricoles qui accompagnent les agriculteurs(rices), de mettre en place des dispositifs d’écoute, pour répondre à leurs difficultés.
Baisse des rendements, hausse des charges et problèmes sanitaires
Même si les situations varient par leur intensité, de nombreuses productions sont concernées par une baisse de rendements de 25 % à 75 %, une augmentation des charges (carburant, assurances, engrais, …) et des problèmes sanitaires en plus (avortement, maladies, ravageurs, …). Les pertes en maïs, soja, tournesol, betterave, … s’élèvent à plus de 50%. Même si la saison n’est pas terminée, les pertes pour la prairie sont supérieures à 30% ce qui fait une perte estimée au minimum de 1,7 million de tonnes de fourrage en moins pour la région. La baisse de la production laitière comme les chutes de croissance pour les animaux à l’engraissement ne sont pas à négliger. La baisse de rendements en raisin est importante (-50%°), avec des raisins irréguliers qui poseront des problèmes de vinification. En légumes et fruits les pertes sont estimées à -30 et -50%.
Face à ces difficultés, le conseil de l’agriculture Bourgogne Franche-Comté se mobilise pour apporter des réponses aux agriculteurs, mais il demande aussi à l’État, au Conseil Régional et aux collectivités locales de prendre des mesures conjoncturelles et structurelles en faveur du secteur agricole.
Des mesures indispensables pour répondre à l’urgence et préparer les transitions
Pour les mesures conjoncturelles, à l’État, il est demandé notamment : la mise en place d’une année blanche pour alléger les trésoreries, l’application rapide du cas de force majeure pour la PAC et les dérogations pour les règlements qui n’ont pas pu être respectés, avec cette sécheresse persistante. Il faut aussi accélérer le versement des aides PAC, des indemnités prévues par l’assurance récolte, sans oublier celles prévues, par l’indemnité de solidarité nationale pour les cultures non assurées. Pour passer le cap : une pause sur la hausse des fermages, une réduction des cotisations sociales et des exonérations pour la taxe sur le foncier non bâti, seront également nécessaires.
Le Conseil Régional est sollicité concernant des prêts courts termes à 0% pour les dossiers d’investissement, ainsi qu’une avance de trésorerie pour les exploitations fragilisées par cette sécheresse.
Pour les mesures structurelles, il est demandé à l’État d’accompagner les projets assurant la souveraineté alimentaire, de renouveler sa politique de gestion de l’eau pour intégrer le changement climatique, avec la nécessité de soutenir le stockage de l’eau pour faire face aux pénuries.
Le Conseil régional devra augmenter les aides aux investissements pour accompagner les transitions : stockage de l’eau, irrigation, stockage du fourrage, sans oublier l’accompagnement des filières pour faire face à ces évolutions.
Les membres du conseil de l’agriculture Bourgogne Franche-Comté resteront pleinement mobilisés et vigilants pour que le plan d’urgence lié à la sécheresse soit à la hauteur des difficultés rencontrées par les agriculteurs de notre région.

